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Le
social et la politique
très mal cotés - 6 mai
2008
Au moment où le monde
entier a commémoré la
journée du 1er mai
dédiée aux
travailleurs, la
République Démocratique
du Congo n’a pas
dérogé à la règle.
Des défilés monstres
ont été organisés à
travers le pays. Kinshasa
la capitale a mobilisé
toute la masse laborieuse
sur le boulevard
Triomphal, dans la
commune de Lingwala, dans
un défilé présidé par
le Ministre d’Etat
près le Président de la
République, M. Norbert
Nkulu Kilombo,
représentant personnel
du Premier Ministre
Antoine Gizenga fatigué.
Pour plus d’un
observateur, cette
mobilisation genre «
mobutienne » cachait mal
le mécontentement des
travailleurs exposés
depuis à une situation
de misère dont le
gouvernement Gizenga a du
mal à améliorer tant
toutes ses promesses
faites aux fonctionnaires
et enseignants de la
République restent non
réalisées, faisant de
ces derniers des
mécontents éternels et
c’est avec raison.
Les reproches des
fonctionnaires
La classe ouvrière
composée en majorité
par les fonctionnaires et
agents de l’Etat
ainsi que des enseignants
du secteur public, dit ne
pas se retrouver dans la
politique salariale
appliquée jusqu’ici
par le Gouvernement de la
République. Elle fustige
l’écart existant
entre les émoluments
octroyés aux
Parlementaires (Députés
et Sénateurs) ainsi qu’aux
membres du Gouvernements
(Ministres et Vice
Ministres), par rapport
aux salaires des
Professeurs d’universités,
des enseignants de
secondaire et de primaire
ainsi que de tous les
agents de l’Etat
appelés fonctionnaires.
Ouvrons ici une
parenthèse pour dire que
le SMIG de salaire en RDC
était jusque là de 1$
US ! Le Gouvernement
vient de décider son
augmentation à 3$ US,
augmentation qui pourrait
intervenir dans les tout
prochains jours selon la
promesse. Dans un pays
où le loyer le plus bas
coûte entre 20 et 30$ US
par mois, et quel loyer (
?), il y a lieu de se
demander dans quelles
conditions vivent les
Congolais avec pareil
traitement !
Le plus marrant est que
ce minable salaire de
misère n’est pas
payé à une date
régulière du mois. Il
vient souvent avec un ou
deux mois de retard si
pas plus ! Le travailleur
Congolais est dans ce
cas, incapable de
respecter ses engagements
vis-à-vis des tiers et
se trouve très souvent
exposé au mépris de ses
créanciers. D’ailleurs,
le 1er mai appelé fête
du travail, les Congolais
de la RDC qui ont
défilé pour les beaux
yeux des tenant du
pouvoir, avaient le
ventre creux et ne
pouvaient rien offrir en
famille puisque le maigre
salaire n’était
toujours pas payé. Et
pourtant, le Trésor
public a débloqué des
sommes colossales pour
organiser ces
festivités! Quelle
aberration disent les
travailleurs à l’issue
du défilé où ils ont
participé affamé alors
que de l’argent a
été dépensé pour l’achat
des pagnes et tee-shirt
à cette occasion !
Le secteur informel qui
occupe les 80% de la
population active n’était
pas de la fête quand
bien même on a vu
quelques handicapés
physiques prendre part à
ce mascarade de défilé
organisé pour le
prestige alors que le
moment ne s’y
apprêtait pas. Tous les
petits exploitants du
secteur formel vaquaient
tranquillement à leurs
occupations quotidiennes
aux marchés et à
travers les rues de la
capitale. La survie
oblige.
Bref, il n’est pas
question pour nous de
rappeler ici la grogne
marquée par les grèves
du personnel enseignant
et soignant, sans oublier
les fonctionnaires et
agents de l’Etat qui
attendent toujours l’application
du fameux barème de «
Mbudi ».
De l’incapacité du
PALU à l’inefficacité
du PPRD
L’adage qui dit que
si la politique va, tout
va se vérifie bien
aujourd’hui au pays
de Lumumba. Le pays est
sur le plan politique,
dans une situation
inconfortable pour ne pas
dire critique. Rien ne
marche malgré tous les
beaux discours avec
lesquels on rabat
continuellement les
oreilles de la
population. Aux yeux des
analystes, c’est du
verbiage destiné à
intoxiquer la masse. Pas
plus.
Pour démontrer que rien
ne marche en politique,
nous n’avons qu’à
citer la dernière prise
de position du
Gouvernement belge,
puissance coloniale de la
RDC et grand allier
naturel de ce pays qui,
sans aller par le dos de
la cuillère, s’est
montré très critique
vis-à-vis du régime de
Kinshasa en ce qui
concerne la bonne
gouvernance et la
politique sociale
distributive.
Que la Belgique, par la
bouche de son Ministre
des Affaires Etrangères
Karel De Gucht, qui
venait d’effectuer
une visite en avril
dernier dans l’ex
Congo belge en compagnie
de ses collègues de la
Défense, Pieter De Crem,
et de la Coopération,
Charles Michel, ait
fustigé les privilèges
fabuleux de certains
dignitaires du régime
qui n’hésitent pas
à sacrifier le
bien-être de la
population pour leur
enrichissement personnel
(cfr A.P.A. N°2124 du 25
avril 2008), l’opposition
parlementaire n’est
pas clémente envers les
animateurs des
institutions de la
République qu’elle
accuse d’être
amorphes, complaisantes
pour ne pas dire
incapables à assumer
comme il le faut les
charges qu’ils
assument avec
légèreté. On a qu’à
lire le cahier de charge
de l’interpellation
du Premier Ministre
Antoine Gizenga par l’Assemblée
Nationale pour se rendre
compte du degré du
désastre congolais.
Au jour d’aujourd’hui,
l’opinion constate
que les Députés de l’opposition
ne sont pas à côté du
sujet et que ceux de la
coalition gouvernementale
sont obligés de marcher
avec eux pour ne pas se
faire indexer par le
peuple qui suit avec
grande attention leurs
débats télévisés.
C’est ici où
intervient la donne PPRD,
parti majoritaire à l’Assemblée
Nationale, et le PALU,
principal allier qui, au
terme d’un accord
signé avant le deuxième
tour de l’élection
présidentielle, occupe
la Primature avec son
patriarche Antoine
Gizenga.
Les observateurs de la
scène politique
congolaise ne comprennent
pas le sens du mariage
PPRD-PALU aujourd’hui
où la situation de la
RDC continue à s’empirer.
Non seulement que Gizenga
n’est pas à la
hauteur de ses
responsabilités, mais
aussi le PPRD qui le
soutient est aux yeux de
tous, sans efficacité. A
par cette alliance qui
avait jeté Joseph Kabila
dans les bras de Gizenga
et de Zanga Mobutu pour
gagner la présidentielle
au second tour, on ne
voit pas aujourd’hui
pourquoi l’initiateur
du PPRD continue à s’accommoder
d’une personne qui
conduit le grand bateau
Congo à la dérive.
Dans cette perspective,
les critiques pointent du
doigt le parti cher à
Joseph Kabila qui, depuis
quelques mois, est
dirigé par des mains
inexpertes en la personne
du nouveau Secrétaire
Général Evariste Boshab
qui a succédé au très
fin politique Vital
Kamerhe devenu Président
de l’Assemblée
Nationale de la RDC.
Aujourd’hui, les
deux partis (PPRD et
PALU) se distinguent par
une boulemie qui
désespère car, leurs
cadres se comportent
tellement mal même
vis-à-vis de leurs
pairs. Tous ceux qu’ils
font ne concernent que
leur intérêt propre et
non l’intérêt
général des Congolais.
On accuse plus
particulièrement le
Ministre PALU du Budget
Adolphe Muzito Mfumunsi,
l’homme qui est à
la base des situations
dramatiques connues. Il
est à la base de la non
application jusqu’aujourd’hui
du budget 2008 pourtant
promulgué par le chef de
l’Etat depuis son
adoption par le
Parlement. Muzito
continue à faire
perdurer le système de
deux poids, deux mesures.
Les membres des Cabinets
de l’Assemblée
Nationale et du Sénat
touchent quatre fois le
salaire de leurs
collègues des Cabinets
Ministériels alors que
le budget leur accorde
les mêmes avantages…
Le Secrétaire Général
du PPRD quant à lui,
travaille en vase clos et
seulement pour sa
coterie. Il est aujourd’hui
en guerre contre
plusieurs de ses
collègues du PPRD tout
simplement puisqu’il
est allergique aux
contradictions. Les
exemples sont légion
mais, on se limite qu’à
ces deux ici.
Pour tout dire, la
République Démocratique
du Congo est aujourd’hui
très mal cotée sur le
plan politique et sur le
plan social n’en
déplaise à Joseph
Kabila et Antoine
Gizenga. S’entêter
à ne plus revoir les
choses n’est qu’un
suicide et le peuple qui
n’est pas dupe,
saura sanctionné le
moment venu. 2011 n’est
pas très loin pour le
rendez-vous de la
vérité.
Richard KABAMBA
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